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Lundi 28 novembre 2005
Les émeutes ont cessé dans les banlieues françaises. Mais les médias américains continuent de s’intéresser au phénomène, et trouvent dans le rap des explications à la colère des jeunes de ces quartiers.
 
Le Washington Post a publié cette semaine un long reportage sur les rappeurs de Marseille : "le rap est l’hymne brûlant des jeunes non-blancs en colère depuis plus de 15 ans. Les paroles décrivent généralement un paysage de désolation, un manque d’espoir et une vie criminelle, mais véhiculent aussi un mépris féroce envers les officiels de Paris." Le journal publie de larges extraits des textes des groupes 113 et NTM.
 
Monsieur RLe rap français était également présent hier sur CNN. La présentatrice interrogeait en direct le correspondant de la chaîne à Paris : "je n’avais jamais réalisé que le hip hop était parvenu en France depuis les Etats-Unis, et était devenu un vrai moyen d’expression pour ceux dans les banlieues." Le correspondant explique que la langue française se prête bien au "genre de rimes que fait le rap," et cite les paroles d’un titre du rappeur Monsieur R, en édulcorant largement la traduction en anglais, "La France est une garce, n'oublie pas de la baiser jusqu'à l'épuiser, comme une salope il faut la traiter mec ! / Moi, je pisse sur Napoléon et sur le général de Gaulle."
 
Banlieue / New York TimesLe New York Times Magazine s’intéresse, quant à lui, à l'architecture des cités et au mot français « banlieue », désormais connu par bon nombre d’américains. "Soudainement, le mot banlieue a été adopté par des gens peu réputés pour pimenter leurs conversations avec des mots français – ceux qui interviennent dans les talk show conservateurs, par exemple. Evidemment, ils veulent insister sur la différence entre ces banlieues (les voitures qui brûlent et le hip hop), et les nôtres [les 'suburbs' aux Etats-Unis] (balançoires et barbecues)."
 
La HaineEnfin, la section Arts du New York Times revient sur le film de Mathieu Kassovitz La Haine, sorti en 1995. "Ceux qui ont vu ce film n’ont pas de raison d’être surpris par les violences de cet automne," écrit le journal. "A l’époque, la description d’une banlieue immigrante bouillonnante, et même le choix du titre, semblaient choquants et exagérés. Aujourd’hui, le film pourrait presque passer pour un documentaire." Le New York Times commente aussi les accusations de certains hommes politiques contre les groupes de rap qui inciteraient à la violence : "tirer sur les messagers n’est peut-être pas la solution la plus efficace."
 
Retrouvez ici tous les articles sur les banlieues françaises vues par les médias américains.
Par Laurent Desbonnets - Publié dans : Banlieues
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Dimanche 27 novembre 2005
La semaine qui vient de s’écouler est certainement l’une des plus calmes de l’année aux Etats-Unis. Même dans les journaux, le rythme de l'actualité semble être bien plus calme que d'habitude.
 
ThanksgivingChaque année, le troisième jeudi de Novembre, les américains célèbrent Thanksgiving, l'occasion pour toutes les familles du pays de se réunir autour d’un dîner copieux, avec dinde et cranberry sauce. Des millions de personnes prennent la route, profitant généralement d'un long week-end de quatre jours. Et dans les journaux, comme sur ce blog, tout semble aller au ralenti.
 
Selon Today’s paper, une revue de presse américaine quotidienne très complète, les journaux servent en ce moment les "plats de restes". Le Los Angeles Times et le Wall Street Journal font ainsi leur Une sur un résumé des événements de la semaine en Irak. Le Washington Post s’intéresse à une nouvelle réouverture de la frontière entre l’Egypte et la bande de Gaza, deux mois après l’échec d’une première tentative. Et la "lead story" du New York Times concerne une décision prise il y a deux semaines pour limiter la pollution automobile.
 
Le New York Times revient également longuement sur l’accident survenu lors de la Macy’s Thanksgiving Parade, dans les rues de New York. Un ballon géant, gonflé à l’hélium et porté par une cinquantaine de volontaires, avait heurté un lampadaire à Times Square. Une lampe était tombée sur le public, blessant légèrement deux spectatrices. La veille, le New York Times avait attiré l'attention sur les dangers de cette parade, particulièrement en cas de vent.
 
Lors de la retransmission en direct, la chaîne NBC n’a pas évoqué l’accident. Le texte des commentateurs étant écrit à l’avance, des images de l’an dernier ont été rediffusées au moment où le ballon aurait dû passer la ligne d’arrivée. Quelques minutes plus tard, les chaines d’informartion en continu étaient déjà sur l’événement. Mais selon un porte-parole de NBC, "nous n’avons pas fait de commentaires à l’antenne car nous n’avions pas d’informations supplémentaires". D'après le Daily News, les journalistes qui commentaient la parade n’ont même pas été mis au courant de l’accident avant la fin du direct.
Par Laurent Desbonnets - Publié dans : usmedia
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Samedi 26 novembre 2005
A 34 ans, Lara Logan tiendra une place essentielle dans la nouvelle formule du journal de CBS. Une ascension qu'elle ne doit probablement pas uniquement à ses qualités de reporter... 
 
Lara LoganQuand on l’accuse de mettre en avant ses atouts physiques pour gravir les échelons dans sa carrière de journaliste, Lara Logan répond : "aucun journaliste vivant n’admettrait pas qu’il utilise tous les avantages dont il dispose".
 
“En tant que femme, j’ai beaucoup d’avantages que vous n’avez pas”, déclarait récemment Lara Logan à un confrère journaliste masculin, "je peux être vulnérable. Généralement, on n’a pas à faire quoi que ce soit. Les hommes le font eux-mêmes. Ils pensent qu’ils doivent vous protéger". Selon le New York Times, utiliser ses atouts féminins relève pour elle des mêmes procédés que ceux employés par les hommes pour nouer des liens privilégiés avec l’armée (mise en avant du passé militaire ou de l'aspect sportif).
 Lara Logan / CBS
Mais Lara Logan s'est également illustrée par son courage dans le reportage de guerre. En Novembre 2001, elle avait ainsi infiltré l’Alliance du Nord en Afghanistan. Et il y a quelques semaines, elle montrait comment les soldats américains tentent de sécuriser la route de l’aéroport de Bagdad, dans un reportage pour l’émission 60 minutes.
 
Lara Logan est née et a grandi à Durban, en Afrique du Sud. Après le lycée, elle a passé quelques mois à Paris, en tant que fille au pair. “J’étais à quatre pattes, à nettoyer l’urine d’un petit français pourri gaté," se souvient-elle "j’ai réalisé à ce moment que ma place n’était pas à l’intérieur d’une maison".
 
Il y a 15 ans, Lara Logan était encore hôtesse dans un club de New York. Cette semaine, la direction de CBS News a annoncé qu'elle jouera un rôle majeur pour couvrir l'actualité internationale, dans le cadre de la nouvelle formule du journal du soir de CBS.
Par Laurent Desbonnets - Publié dans : usmedia
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Samedi 19 novembre 2005
Bob Woodward avait gardé le secret sur l'identité de Gorge Profonde, l'informateur du Watergate, pendant plus de 30 ans. Aujourd’hui, ses sources sont à nouveau l’objet de toutes les spéculations, dans le plus grand scandale politique de la présidence de George W. Bush.
 
Bob WoodwardL'affaire de la divulgation du nom d'une agent de la CIA se complique encore un peu plus. Elle implique désormais un acteur supplémentaire : Bob Woodward, l'un des journalistes les plus célèbres et respectés aux Etats-Unis. C'est lui qui, avec Carl Bernstein, avait lancé le scandale du Watergate et conduit à la démission de Richard Nixon.
 
Dans un communiqué publié dans son journal, le Washington Post, Woodward révèle que trois officiels de l’administration Bush lui ont divulgué l’activité secrète de Valerie Plame dès juin 2003.  Bien qu’il n’ait jamais publié un seul article sur le sujet, Woodward aurait ainsi été le premier au courant, dans le cadre de l'écriture de son livre "plan d’attaque". Au moins trois autres journalistes ont ensuite eu connaissance de cette information (voir ce post). Valery Plame
 
Depuis plus de deux ans, une enquête fédérale tente de déterminer l’identité des informateurs. Ils sont suspectés d’avoir mis en danger la sécurité de l’agent secret en question. L’objectif aurait été de discréditer son mari, un ancien ambassadeur opposé à la guerre en Irak.
 
Cette semaine, Woodward a donc témoigné devant le grand jury. Afin de lui éviter la prison pour obstruction à la justice, l’informateur initial avait mis fin à leur accord d’anonymat. Mais il refuse toujours que Woodward révèle son nom dans la presse.
 
Lewis LibbyPeu d'éléments ont filtré de la déposition de Woodward. On sait juste que la première source n'est pas Lewis "Scooter" Libby, l'ancien chef de cabinet de Dick Cheney et pour l'instant seul inculpé dans l'enquête. Tout ce que peuvent faire les journaux, c’est constituer une liste de ceux qui démentent être la source (par exemple : George W. Bush, Dick Cheney, Karl Rove, Colin Powell), et de ceux qui refusent de s’exprimer (par exemple : Condoleezza Rice, Donald Rumsfled, Paul Wolfowitz).
 
Nul doute que Woodward protégera sa source tant que celle-ci le lui demandera. Mais le Washington Post a déjà prévenu que la liberté d’information pourrait prévaloir, par exemple si un autre reporter du journal parvenait à identifier l’informateur. "Chaque reporter n’est contraint que par ses propres promesses de confidentialité", a expliqué dans le New York Times Leonard Downie, le rédacteur en chef du Washington Post.
Par Laurent Desbonnets - Publié dans : usmedia
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Jeudi 17 novembre 2005
Le modèle du présentateur "homme tronc" est en train de voler en éclat à la télévision américaine.
 
Anderson Cooper, CNN"Je bégaye, je parle trop vite, je ne finis pas mes phrases," reconnaissait récemment le présentateur de CNN Anderson Cooper dans le Philadelphia Inquirer, "je fais probablement un million de choses qui ne sont pas dans le manuel des présentateurs télé." Pourtant, cela n'a pas empêché le New York Times de lui consacrer un article particulièrement élogieux intitulé "un présentateur qui couvre les catastrophes avec le coeur sur la main." Et CNN vient de le nommer à la tête d'une émission quotidienne de deux heures en prime time.
 
Anderson Cooper s’est illustré lors des éditions spéciales de CNN en direct de la Nouvelle Orléans, après le passage de l’ouragan Katrina. A plusieurs reprises, il avait notamment violemment repris des hommes politiques qui refusaient de reconnaître l'ampleur de la catastrophe. Sa difficulté à retenir ses larmes en direct avait également ému les téléspectateurs. Avec Cooper, c'est donc un style moins impersonnel, plus engagé qui est récompensé. Pour promouvoir sa nouvelle star, CNN publie régulièrement sur la page d'accueil de son site Internet certains de ses articles, comme "le suicide de mon frère," ou "dîtes juste non au nouvel an." Brian Williams, NBC News
 
Les JT des trois grands networks (ABC, CBS, NBC) connaissent également en ce moment de profonds bouleversements. Sur NBC, Tom Brokaw, parti à la retraite il y a un an, a été remplacé avec succès par Brian Williams, qui s'est lui aussi illustré pour son attitude très engagée lors de Katrina.
Elizabeth Vargas, ABC 
ABC pourrait bientôt nommer la première femme titulaire unique du fauteuil de présentateur d'un grand journal du soir. Elizabeth Vargas remplacerait ainsi Peter Jennings, décédé d’un cancer en août dernier.
 
Bob Schieffer, CBSDe son côté, CBS n’a toujours pas trouvé de remplaçant à Dan Rather, qui avait dû démissionner après l’affaire du faux mémo sur les états de service de George W. Bush au Viet Nam. Pour l’instant, c’est Bob Schieffer qui occupe le poste depuis New York, et prend l’avion tous les week end pour Washington, où il anime l’émission politique Face the Nation. CBS évoque toute une série d’options pour prendre la relève, avec un ou deux présentateurs, voire aucun.
 
Enfin, en France, le groupe France Télévisions entreprend également de changer les visages qui apparaissent à l'écran. Il faut lire le New York Times pour avoir les détails de cette politique.  Il s’agit d’un "programme discret de discrimination positive, appelé plan d’action positive pour l’intégration, conçu pour éviter de transgresser les lois contre l’embauche sur la base d’origines religieuses ou ethniques," explique le New York Times. "On n’a jamais écrit quelque part que l’on embauche en fonction de la couleur," précise Edouard Pellet, chargé de l’application de cette politique à France Télévisions. "On fait les choses en silence, ajoute-t-il, si on fait trop de bruit, ça va polariser les gens ; ça va devenir une question légale. Au lieu de parler, on agit."
Par Laurent Desbonnets - Publié dans : usmedia
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Lundi 14 novembre 2005
Même au plus fort de l’opposition française à la guerre en Irak, jamais la France n’avait été autant au centre de l’actualité aux Etats-Unis que ces dernières semaines. Les médias américains en font-ils trop ?
 
A en croire les commentaires sur ce blog, les très nombreux emails que je reçois et les posts sur d’autres blogs, beaucoup sont agacés par la couverture des violences en banlieue par les médias américains. Pêle-mêle, on leur reproche de dramatiser la situation, de ne pas connaître les réalités locales, ou encore de s’ériger en donneurs de leçons. Tout cela mérite d’être nuancé.
 
D’abord, les médias américains n’ont pas fait que diffuser des cartes de France erronées, contrairement à ce qu’ont pu laisser croire les télévisions françaises. Les journaux et télévisions ont en fait multiplié les articles de fonds sur les réalités sociales en France, expliquant en détail une situation politique pourtant compliquée et allant à la rencontre des jeunes.
 
Christian MalarEnsuite, les journalistes français, interviewés sur les télés américaines, n’ont rien fait pour relativiser les événements. Parmi les nombreux exemples, Frédéric Helbert d’Europe 1 : "Nous sommes dans une situation qui peut être – peut mener à une sorte de guerre civile" (7 novembre sur CBS), ou Christian Malar de France 3 à propos des émeutes : "c’est très bien organisé. C’est synchronisé. Organisé" (le 7 novembre sur ABC). A noter : les journaux de CBS et ABC attirent chacun chaque soir plus de 8 millions de téléspectateurs, contre environ seulement 1 million pour Fox News.
 
Cal ThomasLes médias américains sont aussi conscients des différences de traitement avec leurs homologues français, et le revendiquent. Dans Fox News Watch, le "Arrêt sur images" de Fox News, le présentateur qualifie de "censure" la décision de France 3 de ne pas donner le nombre exact de voitures brûlées chaque jour. Et l’éditorialiste conservateur Cal Thomas commente, en parlant des auteurs des violences : "si vous lisez les journaux français, ils les considèrent comme des gens en colère. Ils ne les appellent pas jeunes musulmans. Dire que c’est organisé par des jeunes gens en colère qui recherchent désespérément du travail, c’est comme dire qu’une manifestation du Ku Klux Klan aux Etats-Unis est juste une manifestation d’hommes blancs en colère, au lieu de racistes et voyous. C’est juste nier l’évidence.”
 
Enfin, les medias américains n’avaient pas du tout apprécié la couverture de l’ouragan Katrina par la presse française, et l’avaient fait savoir dans de nombreux articles (voir sur cette page en archives). A l’époque, Libération écrivait par exemple : "La première économie du globe vacille comme un vulgaire Etat du tiers-monde.”  Et Le Monde : "l'Amérique découvre ou redécouvre qu'elle abrite le tiers-monde en son sein." Le New York Times conseillait alors aux médias français de "de regarder les divisions raciales dans leur propre pays".
Par Laurent Desbonnets - Publié dans : Banlieues
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Vendredi 11 novembre 2005
Sous le double effet d’un début de retour au calme et de l’apparition de nouvelles informations internationales (attentats en Irak et Jordanie), les violences en France ne sont plus à la Une des médias américains. Mais le sujet reste toutefois bien présent.
 
CNN propose des sujets sur l’intégration, l’éducation et les inégalités en France. Fox News insiste sur les quelques cas de violence policière, ainsi que sur l'efficicacité du couvre-feu. La correspondante de CBS montre en direct la une de Libération : "couvre-feu, cache-misère". NBC explique qu’en dépit d’un retour au calme, "il faudra des années pour régler le problème des banlieues françaises". ABC affirme : "le bilan est très lourd pour l’image de la France dans le monde". Les images de Dominique de Villepin, interviewé au 20h de TF1, ont été reprises sur toutes les chaînes.
 
Chirac, Lover of Spotlight, Avoids Glare of France' s FiresLe New York Times continue de s’attaquer à la réponse du gouvernement français : "face à la crise sociale la plus sérieuse de ses dix ans de présidence", Jacques Chirac "est devenu l'homme invisible". Mais dans un autre article intitulé "un paris plus calme", le New York Times tente de rassurer les touristes : "La réalité - contrairement à ce que les étrangers pourraient déduire d'images à la télévision de voitures en feu avec le mot "Paris" incrusté - est que les émeutes restent à distance des visiteurs". Le Washington Post, quant à lui, minimise le risque de contagion des violences en Europe.   
Par Laurent Desbonnets - Publié dans : Banlieues
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Mercredi 9 novembre 2005

Les humouristes américains se saisissent des violences en France. Pas forcément de quoi faire rire les français...

Jon StewartVoici comment Jon Stewart, le très populaire présentateur du Daily Show sur Comedy, résume les revendications de ceux qui brûlent les voitures en France : "on est très en colère, et on ne va plus vous laisser vous garer ici !" Jon Stewart ajoute : "au fait, un petit message aux émeutiers : si vous ne pouvez pas trouver de travail, brûler des voitures ne semble pas la meilleure idée pour améliorer votre CV !"

Le Daily Show prétend ensuite montrer comment les médias français couvrent les violences. Commence alors un clip en noir en blanc, sur fond de musique d’accordéon, avec un commentaire romancé lu par une voix suave à l'accent français hyper prononcé : "les voitures brûlent avec la futilité de leur propre destruction..." Le reportage se termine sur l’image d’un homme, cigarette au coin de la bouche : "from Clichy sous bois, this is Jean-Luc Godart". La vidéo est disponible ici, la séquence sur la France démarre après 4 minutes.
 
Rob CorddryUn peu plus tard dans l’émission, c’est au tour de Rob Corddry d’intervenir dans un faux direct depuis Paris. Il se demande "combien de temps tout cela va pouvoir durer avant que les français ne se rendent ?" (les français ont la mauvaise réputation de toujours capituler face à l’ennemi). "Quand vous voyez les images des violences en Irak et les émeutes en Argentine, c'est rafraichissant de voir un pays imploser dans un violent orgasme de haine, tout en sachant qu'ils ne peuvent pas nous accuser pour cela !" (nous = les Etats-Unis).
 
Dans le même temps, tous les grands journaux d'information ont encore étendu leur couverture des événements (le Washington Post par exemple). Et les éditoriaux se montrent très sévères contre la réaction du gouvernement français, notamment dans le New York Times.

Par Laurent Desbonnets - Publié dans : Banlieues
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Mercredi 9 novembre 2005

Les humouristes américains se saisissent des émeutes en France. Mais cela ne donne pas forcément de quoi faire rire les français.

Voici comment Jon Stewart, le très populaire présentateur du Daily Show sur Comedy, résume le message de ceux qui brûlent les voitures : "on est très en colère, et on ne va plus vous laisser vous garer ici !" Jon Stewart ajoute : "au fait, un petit message aux émeutiers : si vous ne pouvez pas trouver de travail, brûler des voitures ne semble pas la meilleure idée pour améliorer votre CV!"

Le Daily Show prétend encuite montrer comment les violences sont couvertes par les médias français. Commence alors un clip en noir en blanc, sur fond d’accordéon. Le commentaire, une voix langoureuse avec un terrible accent français, raconte dans un style très romantisé "les voitures brûlent avec la futilités de leur propre destruction." Le reportage se termine sur l’image d’un homme, cigarette au coin de la bouche : "From Clichy sous bois, this is Jean-Luc Godart". (la vidéo est disponible ici, la séquence sur la France démarre après 4 minutes).
 
Un peu plus tard dans l’émission, c’est au tour de Rob Corddry d’intervenir dans un faux direct depuis Paris. Il se demande "combien de temps tout cela va pouvoir durer avant que les français ne se rendent" (les français ont la mauvaise réputation de toujours capituler face à l’ennemi).
 

 

Par Laurent - Publié dans : usmedia
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