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Samedi 19 novembre 2005
Bob Woodward avait gardé le secret sur l'identité de Gorge Profonde, l'informateur du Watergate, pendant plus de 30 ans. Aujourd’hui, ses sources sont à nouveau l’objet de toutes les spéculations, dans le plus grand scandale politique de la présidence de George W. Bush.
 
Bob WoodwardL'affaire de la divulgation du nom d'une agent de la CIA se complique encore un peu plus. Elle implique désormais un acteur supplémentaire : Bob Woodward, l'un des journalistes les plus célèbres et respectés aux Etats-Unis. C'est lui qui, avec Carl Bernstein, avait lancé le scandale du Watergate et conduit à la démission de Richard Nixon.
 
Dans un communiqué publié dans son journal, le Washington Post, Woodward révèle que trois officiels de l’administration Bush lui ont divulgué l’activité secrète de Valerie Plame dès juin 2003.  Bien qu’il n’ait jamais publié un seul article sur le sujet, Woodward aurait ainsi été le premier au courant, dans le cadre de l'écriture de son livre "plan d’attaque". Au moins trois autres journalistes ont ensuite eu connaissance de cette information (voir ce post). Valery Plame
 
Depuis plus de deux ans, une enquête fédérale tente de déterminer l’identité des informateurs. Ils sont suspectés d’avoir mis en danger la sécurité de l’agent secret en question. L’objectif aurait été de discréditer son mari, un ancien ambassadeur opposé à la guerre en Irak.
 
Cette semaine, Woodward a donc témoigné devant le grand jury. Afin de lui éviter la prison pour obstruction à la justice, l’informateur initial avait mis fin à leur accord d’anonymat. Mais il refuse toujours que Woodward révèle son nom dans la presse.
 
Lewis LibbyPeu d'éléments ont filtré de la déposition de Woodward. On sait juste que la première source n'est pas Lewis "Scooter" Libby, l'ancien chef de cabinet de Dick Cheney et pour l'instant seul inculpé dans l'enquête. Tout ce que peuvent faire les journaux, c’est constituer une liste de ceux qui démentent être la source (par exemple : George W. Bush, Dick Cheney, Karl Rove, Colin Powell), et de ceux qui refusent de s’exprimer (par exemple : Condoleezza Rice, Donald Rumsfled, Paul Wolfowitz).
 
Nul doute que Woodward protégera sa source tant que celle-ci le lui demandera. Mais le Washington Post a déjà prévenu que la liberté d’information pourrait prévaloir, par exemple si un autre reporter du journal parvenait à identifier l’informateur. "Chaque reporter n’est contraint que par ses propres promesses de confidentialité", a expliqué dans le New York Times Leonard Downie, le rédacteur en chef du Washington Post.
Par Laurent Desbonnets - Publié dans : usmedia
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