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Banlieues

Jeudi 3 novembre 2005

Après une semaine d'émeutes en banlieue parisienne, les médias américains commencent à diffuser les images chocs des violences entre policiers et jeunes issus de l'immigration.

Sur Fox News, le gros titre est "Paris burning" (Paris en feu). "Les telespectateurs habitués de Fox News savent que j’ai tendance à aller dans des endroits assez difficiles, mais je ne pensais pas que l’un de ces endroit serait si près de chez moi," raconte le correspondant de la chaîne à Paris dans l'une de ses interventions en direct de Clichy-sous-Bois. Greg Palkot décrit la pauvreté, l’exclusion des populationsGreg Palkot issues de l’immigration, et la "nouvelle politique de tolérance zéro à la Rudy Giuliani [ancien maire de New York] menée par Nicolas Sarkozy". Dans un arperçu complet de la situation, Palkot poursuit : "beaucoup pensaient que c’était une bombe à retardement prête à exploser à tout moment, ça pourrait bien être en train d’exploser en ce moment même." La vidéo est disponible ici.
 
CBS a également consacré une partie de son journal du soir aux violences de Paris. "Des policiers armés combattent des groupes de manifestants avec des gaz lacrymogènes, transformant les ghettos immigrants de Paris en des zones de combats où les émeutiers mettent feu à des dizaines de voitures et bâtiments", décrit en direct de Paris la correpondante de CBS. Le reportage cherche aussi à comprendre les raisons de cette violence, et l'attitude des jeunes qui se disent victimes "de racisme persistant et de discriminations". CBS parle enfin de "zones fertiles de recrutement pour des islamistes extrémistes."
 
Les grands journaux publient également de longs articles sur les violences, comme le Washington Post qui cite de nombreux journaux français.
 
Très bientôt, un nouveau point sur la couverture des émeutes en France par la médias américains sur usmedia.over-blog.com

 

Par Laurent
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Vendredi 4 novembre 2005
Pour le deuxième jour consécutif, les medias américains font des émeutes à Paris la principale information internationale.
 
"Paris brûle". Ainsi commence le reportage diffusé ce soir dans le journal d'ABC. Le journaliste Mike Lee décrit les violences perpétrées par les “gangs criminels” qui contrôlent les zones de logements sociaux. Le reportage évoque aussi "un soutien croissant pour le terrorisme islamiste, en particulier depuis la guerre en Irak".
 
Sur NBC, les émeutes ont fait l’objet d’une brève en image, au début de la page internationale du journal. Le présentateur Brian Williams évoque la concentration de population immigrées et le "manque de travail là-bas". Jim Bitterman
 
Sur CNN, le correspondant Jim Bitterman cite un représentant syndical de la police qui parlait de "guerre civile", de la nécessité de faire appel à l'armée et d'imposer un couvre feu. Bitterman fait aussi état de l'incendie d'une voiture de France 2.
 
Le New York Times consacre également un article plutôt sévère sur la France. "La violence périodique souligne l’échec de la France à intégrer les immigrants dans une société nationale plus large, un problème qui devient urgent alors que le chômage augmente", écrit le correspondant du New York Times à Paris.
 
Greg Palkot En direct de Clichy sous Bois sur Fox News, Greg Palkot continue d’expliquer le contexte dans l’Hexagone. "C’est à 5 miles à l’extérieur de Paris, mais franchement, ça pourrait être à 5000 miles, étant donnée la tension ici," décrit Palkot, qui a notamment couvert la guerre en Irak. “Comme tout ici en France, cela a déclenché des affrontements politiques avec le Premier Ministre Dominique de Villepin et le président Jacques Chirac, qui s’impliquent et disent qu’un peu de dialogue serait nécessaire à la place de discours sévères".
 
Enfin, CBS s’intéressait aussi ce soir à la France, mais sur un autre sujet : une enquête de la police française sur des achats de missiles par des terroristes. Deux missiles, achetés en Tchétchénie, auraient été destinés à une attaque contre l'aéroport Charles de Gaulle. La correspondante interroge notamment le juge d’instruction Jean-Louis Bruguière, qui évoque les menaces de nouveaux attentats en Europe.
Par Laurent
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Samedi 5 novembre 2005

Les émeutes de la banlieue parisienne sont maintenant traitées dans tous les médias américains. Petit zapping :

Avec deux jours de retard, NBC Nightly News a finalement repris le titre choc de Fox News. Sur place, l'envoyé spécial Don Teague explique : "les discriminations ethniques et religieuses sont un problème croissant en France. Beaucoup pensent que le gouvernement les a abandonné".
 
CNN dépêche à Paris un deuxième correspondant, et multiplie les directs (vidéos disponibles).
Don Teague  
Le New York Times explique comment les français devraient s’y prendre pour résoudre les problèmes dans les banlieues : "le ministre de l’intérieur Nicolas Sarkozy, qui a l’ambition de devenir président, n’a pas beaucoup aidé les choses. Il a qualifié les manifestants de 'voyous', et affirmé que la réponse était la tolérance zéro. Une meilleure réponse serait d’offrir du travail, un logement décent et une bonne éducation à ces nouveaux citoyens".
 
Sur Fox News, l’information revient toutes les demi-heures. En direct de Bobigny, Greg Palkot a répété au moins 10 fois la même chose au cours de la journée. Fox News a également fait Shepard Smithintervenir un prêtre (qui dénonce le sécularisme en France), un ancien maire de New York (qui préconise la méthode forte pour mettre fin aux violences) et un journaliste anglais (qui parle à plusieurs reprises de "guerre civile"). A la fin d’une des séquences consacrées aux émeutes, le présentateur Shepard Smith commente "on dirait que ça devient intéressant là-bas".
 
Enfin, le Wall Street Journal égratigne la France, mais sur un autre sujet : la grève des stagiaires. "Par définition, les stages donnent au jeunes un aperçu du monde du travail. En France, une 'grève des stagaires' est ainsi parfaitement logique car les travailleurs du pays ont fait de la grève un véritable art".

Par Laurent Desbonnets
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Dimanche 6 novembre 2005
A la une des journaux, en page d’accueil des sites Internet et en boucle sur les télévisions, les violences en France sont dans tous les médias américains. Pourquoi une telle attention ?
 
Fox News Les images d’incendies dans la nuit et d’affrontements entre jeunes et policiers sont tout d’abord très télégéniques. En raison du décalage horaire, ces émeutes se déroulent en plein ‘prime time’ aux Etats-Unis. Les chaînes d’information en continu peuvent donc relater les événements en temps réel. Fox News, qui a envoyé un deuxième journaliste à Paris, émet ainsi des "Arlets"  (informations urgentes). Les programmes sont interrompus régulièrement pour faire intervenir les correspondants, par exemple lorsque les premières voitures sont brûlées dans Paris intra-muros.
 
Deuxièmement, Paris étant très fréquentée par les touristes américains, les Etats-Unis doivent s’exprimer sur la crise. "Les choses tournent si mal dans la région de Paris que l’ambassade américaine appelle les touristes à rester à l’écart de ces endroits, en dehors des limites de la ville de Paris," répète Greg Palkot sur Fox News, au cours de ses directs de Paris. "Les violences ne se déroulent pas dans le centre de Paris," tempère le correspondant de MSNBC. "Mais le Département d’Etat publie un avertissement concernant les trains. Il y a des trains qui passent à travers ces banlieues. Ils préviennent les américains de regarder leur route, et peut-être d’éviter de prendre le train tant que ces violences continuent."
 
Troisièmement, les médias américains tentent d’établir un lien entre les violences urbaines et la menace terroriste islamiste, un sujet très sensible aux Etats-Unis. Selon la Une du New York Times, le ministre des affaires étrangères Philippe Douste-Blazy a prévenu que la France risquait de perdre la bataille dans les quartiers d’immigrés face à la radicalisation des mouvements religieux. "Un langage diplomatique pour désigner l’extrémisme islamiste", précise entre parenthèses le New York Times. Selon Fox News, le fondamentalisme est "peut-être derrière ces activités violentes". Par ailleurs, CBS a diffusé hier un reportage sur les risques terroristes en France.
 
Enfin, les violences permettent de montrer du doigt l’impuissance des autorités françaises. Les propos de Nicolas Sarkozy, qualifiant les jeunes de "voyous", passent en boucle sur les télés, comme sur ABC. Le Washington Post remarque : “les pires émeutes en France de ces dernière années ont paralysé le gouvernement, laissant les dirigeants se disputer sur comment arrêter la violence. Le président Jacques Chirac ne s’est pas publiquement adressé à la nation autrement que par un communiqué à travers son porte parole, appellant au calme." NBC parle de "crise nationale". Et le site CNN.com propose un sondage : "Comment les autorités françaises devraient traiter les violences ?". Plus de 20 000 personnes (63 %) ont répondu "déployer des troupes", 8000 personnes (28 %) préconisent d’imposer un couvre-feu.
 
Des vidéos gratuites sont accessible à partir de la plupart des liens de cet article.
Par Laurent Desbonnets
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Lundi 7 novembre 2005
De l’actualité chaude aux enquêtes de fond, les médias américains abordent les violences en France sous tous les angles.
 
Bien sûr, il y a toujours les "breaking news" sur les chaînes d'information en continu (CNN, Fox News, MSNBC). Aujourd’hui, ces informations qui nécessitent l’interruption des programmes étaient notamment la découverte d’une fabrique de cocktails Molotov, l’intervention de Jacques Chirac, la reprise des violences dans la soirée et les tirs d'arme à feu contre les policiers. A noter, un troisième journaliste de Fox News est arrivé à Paris pour assurer les directs.
 
Mais avec la sortie aujourd'hui des hebdomadaires, les médias américains commencent à étudier plus en profondeur les violences en France. Newsweek se demande ainsi : "Les émeutes vont-elles gonfler les rangs des djihadistes en Europe ?". De son côté, Time Magazine dénonce la politique d’intégration menée en France : "La discrimination, qu’elle soit religieuse ou raciale, n’a jamais trouvé sa place dans l’idée que la France se fait d’elle-même, noyée dans tant de platitudes floues sur la République. Mais pour les gens perdus dans les rues, c’est une réalité."
 
Enfin, le New York Times remet un peu les choses en perspective : "il y a tout juste deux mois, les français regardaient avec une fascination horrifiée l’anarchie à la Nouvelle Orléans". Dans cet article très intéressant, le NYT compare les violences actuelles avec les émeutes raciales de Los Angeles en 1982, photos à l’appui. Mais le journal souligne aussi que contrairement aux Etats-Unis, l’enseignement et les soins de santé sont gratuits pour tous en France. Et que la criminalité dans l'hexagone est "loin du niveau de violence aveugle qui est craint dans les quartiers pauvres des villes américaines".
Par Laurent Desbonnets
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Mardi 8 novembre 2005
Il fallait s’y attendre : alors que les médias placent toujours à la une les violences dans les banlieues, les télévisions et journaux conservateurs commencent à se déchaîner contre la France.
 
Bill O’Reilly, la star de Fox News et adepte du French Bashing, n’y est pas allé avec le dos de la cuillère ce soir, au début de son émission "The O'Reilly Factor" (régulièrement en tête des audiences du cable américain). Extraits :
La France est maintenant assiégée par des musulmans amers, et la faiblesse du gouvernement de Chirac s’étale aux yeux du monde.
Cela fait ressembler l’ouragan Katrina à une bande dessinée.
En tant que société socialiste, la France a donné à ses nouveaux immigrants les droits habituels, dont le logement, la sécurité sociale et les allocations. Mais il y a peu d’emplois dans l’économie française, qui a stagné depuis des années.
Les insurgents musulmans pensent qu’ils peuvent faire ce qu’ils veulent. Et parce que Chirac est si faible, ils ont à peu près raison. Chirac ne veut même pas utiliser l’armée pour protéger les propriétés privées.
Chirac et les médias français n’ont pas arrêté d’affaiblir la guerre contre le terrorisme.
On vit dans un monde dangereux, où les terroristes ne cherchent qu'à passer à l'action. La France a enterré sa tête dans le sable, et a maintenant un désastre dans ses mains.
 
Un peu plus tôt dans la soirée, John Gibson recevait un ancien secrétaire d’Etat américain. La seule question qu’il a posé (à deux reprises) concernait la théorie de "l’offensive du grand Ramadan", selon laquelle les islamistes passeraient à l’action en ce moment dans les banlieues un peu partout en Europe.
 
Des journalistes français, de France 3 et Europe 1 notamment, sont également invités sur Fox News ou CNN pour tenter d’expliquer la situation.
 
Enfin, le Wall Street Jounal (conservateur également) publie un éditorial intitulé « Les Misérables » (en français dans le texte) : "chaque nuit depuis plus d’une semaine, les banlieues de Paris ont été la vitrine de l’échec de l’Europe à intégrer ses immigrants". Le WSJ salue les initiatives de Nicolas Sarkozy : création d'un conseil représentatif pour les musulmans de France, promotion de la discrimination positive ou proposition d'étendre le droit de vote aux personnes résidant en France depuis plus de dix ans.
Par Laurent Desbonnets
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Mercredi 9 novembre 2005

Les humouristes américains se saisissent des violences en France. Pas forcément de quoi faire rire les français...

Jon StewartVoici comment Jon Stewart, le très populaire présentateur du Daily Show sur Comedy, résume les revendications de ceux qui brûlent les voitures en France : "on est très en colère, et on ne va plus vous laisser vous garer ici !" Jon Stewart ajoute : "au fait, un petit message aux émeutiers : si vous ne pouvez pas trouver de travail, brûler des voitures ne semble pas la meilleure idée pour améliorer votre CV !"

Le Daily Show prétend ensuite montrer comment les médias français couvrent les violences. Commence alors un clip en noir en blanc, sur fond de musique d’accordéon, avec un commentaire romancé lu par une voix suave à l'accent français hyper prononcé : "les voitures brûlent avec la futilité de leur propre destruction..." Le reportage se termine sur l’image d’un homme, cigarette au coin de la bouche : "from Clichy sous bois, this is Jean-Luc Godart". La vidéo est disponible ici, la séquence sur la France démarre après 4 minutes.
 
Rob CorddryUn peu plus tard dans l’émission, c’est au tour de Rob Corddry d’intervenir dans un faux direct depuis Paris. Il se demande "combien de temps tout cela va pouvoir durer avant que les français ne se rendent ?" (les français ont la mauvaise réputation de toujours capituler face à l’ennemi). "Quand vous voyez les images des violences en Irak et les émeutes en Argentine, c'est rafraichissant de voir un pays imploser dans un violent orgasme de haine, tout en sachant qu'ils ne peuvent pas nous accuser pour cela !" (nous = les Etats-Unis).
 
Dans le même temps, tous les grands journaux d'information ont encore étendu leur couverture des événements (le Washington Post par exemple). Et les éditoriaux se montrent très sévères contre la réaction du gouvernement français, notamment dans le New York Times.

Par Laurent Desbonnets
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Vendredi 11 novembre 2005
Sous le double effet d’un début de retour au calme et de l’apparition de nouvelles informations internationales (attentats en Irak et Jordanie), les violences en France ne sont plus à la Une des médias américains. Mais le sujet reste toutefois bien présent.
 
CNN propose des sujets sur l’intégration, l’éducation et les inégalités en France. Fox News insiste sur les quelques cas de violence policière, ainsi que sur l'efficicacité du couvre-feu. La correspondante de CBS montre en direct la une de Libération : "couvre-feu, cache-misère". NBC explique qu’en dépit d’un retour au calme, "il faudra des années pour régler le problème des banlieues françaises". ABC affirme : "le bilan est très lourd pour l’image de la France dans le monde". Les images de Dominique de Villepin, interviewé au 20h de TF1, ont été reprises sur toutes les chaînes.
 
Chirac, Lover of Spotlight, Avoids Glare of France' s FiresLe New York Times continue de s’attaquer à la réponse du gouvernement français : "face à la crise sociale la plus sérieuse de ses dix ans de présidence", Jacques Chirac "est devenu l'homme invisible". Mais dans un autre article intitulé "un paris plus calme", le New York Times tente de rassurer les touristes : "La réalité - contrairement à ce que les étrangers pourraient déduire d'images à la télévision de voitures en feu avec le mot "Paris" incrusté - est que les émeutes restent à distance des visiteurs". Le Washington Post, quant à lui, minimise le risque de contagion des violences en Europe.   
Par Laurent Desbonnets
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Lundi 14 novembre 2005
Même au plus fort de l’opposition française à la guerre en Irak, jamais la France n’avait été autant au centre de l’actualité aux Etats-Unis que ces dernières semaines. Les médias américains en font-ils trop ?
 
A en croire les commentaires sur ce blog, les très nombreux emails que je reçois et les posts sur d’autres blogs, beaucoup sont agacés par la couverture des violences en banlieue par les médias américains. Pêle-mêle, on leur reproche de dramatiser la situation, de ne pas connaître les réalités locales, ou encore de s’ériger en donneurs de leçons. Tout cela mérite d’être nuancé.
 
D’abord, les médias américains n’ont pas fait que diffuser des cartes de France erronées, contrairement à ce qu’ont pu laisser croire les télévisions françaises. Les journaux et télévisions ont en fait multiplié les articles de fonds sur les réalités sociales en France, expliquant en détail une situation politique pourtant compliquée et allant à la rencontre des jeunes.
 
Christian MalarEnsuite, les journalistes français, interviewés sur les télés américaines, n’ont rien fait pour relativiser les événements. Parmi les nombreux exemples, Frédéric Helbert d’Europe 1 : "Nous sommes dans une situation qui peut être – peut mener à une sorte de guerre civile" (7 novembre sur CBS), ou Christian Malar de France 3 à propos des émeutes : "c’est très bien organisé. C’est synchronisé. Organisé" (le 7 novembre sur ABC). A noter : les journaux de CBS et ABC attirent chacun chaque soir plus de 8 millions de téléspectateurs, contre environ seulement 1 million pour Fox News.
 
Cal ThomasLes médias américains sont aussi conscients des différences de traitement avec leurs homologues français, et le revendiquent. Dans Fox News Watch, le "Arrêt sur images" de Fox News, le présentateur qualifie de "censure" la décision de France 3 de ne pas donner le nombre exact de voitures brûlées chaque jour. Et l’éditorialiste conservateur Cal Thomas commente, en parlant des auteurs des violences : "si vous lisez les journaux français, ils les considèrent comme des gens en colère. Ils ne les appellent pas jeunes musulmans. Dire que c’est organisé par des jeunes gens en colère qui recherchent désespérément du travail, c’est comme dire qu’une manifestation du Ku Klux Klan aux Etats-Unis est juste une manifestation d’hommes blancs en colère, au lieu de racistes et voyous. C’est juste nier l’évidence.”
 
Enfin, les medias américains n’avaient pas du tout apprécié la couverture de l’ouragan Katrina par la presse française, et l’avaient fait savoir dans de nombreux articles (voir sur cette page en archives). A l’époque, Libération écrivait par exemple : "La première économie du globe vacille comme un vulgaire Etat du tiers-monde.”  Et Le Monde : "l'Amérique découvre ou redécouvre qu'elle abrite le tiers-monde en son sein." Le New York Times conseillait alors aux médias français de "de regarder les divisions raciales dans leur propre pays".
Par Laurent Desbonnets
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