La puissance des médias saluée par... les médias

Publié le par Laurent

La qualité de la couverture médiatique de l’ouragan Katrina est unanimement saluée par les journalistes eux-mêmes. Exemple de cette vague d’autocongratulations dans le CBS Early Show, où Dr Phil, le docteur de la télévision américaine, félicite son confrère en train de l’interviewer :

Dr PhilYour coverage has been an important service to America. And I want to thank you for doing such a great job.

Votre couverture a été un important service rendu à l’Amérique. Et je veux vous remercier pour faire un si bon travail.

Les journalistes se sont réellement montré très critiques envers le gouvernement. Interviews musclées, images chocs, commentaires révoltés de journalistes en direct : les autorités n’ont pu cacher ni l’ampleur de la catastrophe, ni leur incompétence à organiser les secours. Même Jon Stewart, le présentateur du populaire Daily Show, sur Comedy, toujours prêt à dénoncer l’apathie ou le suivisme des journalistes, n’a pas caché son agréable surprise :

Jon StewartThe news media’s spine, their emotional coverage, their bravery, I thought that those things were vestigial, things that were from a past, that you know, that the mic was just there for no reason…

L’aiguille dérangeante des medias, leur traitement passionné de l’actualité, leur courage, je pensais que ces choses là étaient des vestiges, des choses du passé, que le micro était juste là un peu par hasard…

Dernier épisode en date : le gouvernement avait interdit aux télévisions de diffuser des images de corps sans vie dans les rues de la Nouvelle Orléans. CNN l’avait fait quand même. Et devant les accusations de censure, le gouvernement a finalement cédé, comme l’annonçait CNN ce week-end sur son site Internet.

Rather than fight a lawsuit by CNN, the federal government abandoned its effort to prevent the media from reporting on the recovery of the dead in New Orleans.

Plutôt que de poursuivre en justice CNN, le gouvernement fédéral a abandonné ses efforts visant à empêcher les médias de couvrir la récupération des morts à la Nouvelle Orléans.

Satisfait également, l’éditorialiste du New York Times Thomas Friedman le rappelait dès la semaine dernière :

Hell hath no fury like journalists with a compelling TV story where they get to be the heroes and the government the fools.

L’enfer n’a pas de furie comme celle de journalistes avec un sujet télévisuel puissant dans lequel ils peuvent être les héros et le gouvernement les idiots.

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Publié dans usmedia

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